Ce matin comme à chaque matin
Le soleil s’est
levé
La ville s’est réveillée en tenant dans sa main
Un cauchemar d’hommes
armés
Ils se sont emparés du village
Comme d’un
détenu
Ils ont chassé la paix pour mieux nourrir la rage
Qu’ils ne
contenaient plus
On bouscule les enfants dans l’église
Qu’on emmure
dedans
Le cœur de la chapelle bercera leur nuit grise
Mais le vent s’en
balance
Des hommes qu’on appelle des hommes
Sans le
moindre regret
Ont misé sur l’église pour que Dieu leur pardonne
D’avoir
lancé la flamme dans le foyer vivant
Oradour, Oradour
Le feu des armes
allume des larmes sur Oradour
Oradour, Oradour
Plus fort que tout, toujours
debout mon Oradour
Oradour, Oradour
Toujours plus fort, plus fort
debout
Oradour
Manon Charlebois
Éditions Le toit des mots, Éditions
Dubémol